
Actualités
Brèves, (03/07/2010)
Le 3 juillet 2010, Casablanca.
Bonjour à tous,
Déjà 3 jours se sont écoulés depuis mon arrivée à Mohammedia.
Le temps passe si vite, je me revois encore larguer les amarres de Scarlett-Macaw dans la marina du Marin, dire au revoir à "nos voisins de
ponton" et donner une riche poignée de main à un personnage au combien extraordinaire surnommé Tilikum.
Cet homme, arrivé de France via le Maroc avec son bateau, vit au mouillage depuis 1989, à l'époque, il n'y avait rien de tout de béton au Marin,
encore moins d'électronique et autres gadgets indispensables aux yeux des "nouveaux navigateurs" dans mon genre et pourtant, il en a fait son métier.
Ce personnage est à part...
Vient ensuite le moment de s'attaquer à l'Atlantique!
Une première semaine difficile, au près, un bateau qui tape dans les vagues, des grains énormes jusqu'au moment où le vent devient favorable, les vitesses augmentent, les milles défilent.
A bord, mon nouvel équipier se comporte à merveille pour sa première Transat.
Les records tombent, 180 milles par jour puis devant nous, Horta et une escale de 4 jours afin de réparer les petits bobos du bateau, de se
reposer et voir un match de l'équipe de France de football.
Un accueil extraordinaire par Armando Castro et son équipe, bientôt ils seront envahis de mini 6,50...
Nouveau départ, cap sur Mohammedia, 1 100 milles devant et après quelques heures de navigation, nous sommes chahutés par une baleine, impressionnante de puissance.
La semaine s'écoule au rythme du vent et des vagues, à la vue des tortues, balais de dauphins et passages de cargos, une arrivée de nuit difficile à l'approche des côtes Marocaines car il y a des filets dérivants, un accueil merveilleux à Mohammedia !
Je viens donc d'achever ma 10ème Transatatlantique à la voile.
Au programme, rangement du bateau, repos et visites.
Aussi, je tiens à remercier Karim Tazi pour la confiance qu'il m'a accordé et féliciter mon équipier, Alexis Bertin pour sa première Traversée de l'Atlantique en 25 jours!
Pour finir, j'ai une pensée pour Thomas Bez, actuellement sur l'Atlantique à bord de Tahia (ex L'Oréal)
A bientôt
David
Brèves, (09/06/2010)
Bonjour à tous,
La nuit dernière fut magnifique!
En début de soirée, le soleil s'est enfoncé majestueusement sur l'horizon, laissant place à un spectacle somptueux, le ciel devient alors orangé puis rose, laissant place aux étoiles, moment d'une rare intensité...
Puis un cargo nous venant par l'arrière nous double à moins de 2 milles, transportant des containers, celui là devait être pressé!
Cette nuit, les étoiles crépitaient, Scarlett-Macaw filait à 5 nœuds sur cette immensité qu'est l'Océan...
Ce matin, le soleil a pris place dans le décor, rechargeant nos batteries avec une grande intensité (merci Tilikum).
Et puis, ce midi, j'ai mis en application les cours de cuisine de Karim, avec une purée maison, oui faite avec de vrai pomme de terre! (Karim
accroche toi, je vais passer maître en la matière)
Nous filons en ce moment à 4/5 nœuds sur une jolie houle d'Est.
A très bientôt.
David et Alexis
Pos: 27°11 N / 55°17 W Cap: 60° Vitesse: 5,3 nœuds
.
Brèves, (30/05/2010)
Bonjour à tous,
De retour en Martinique depuis 10 jours, je goute au joie de l'amélioration de mon compagnon de route "Scarlett-Macaw".
En effet, nous avons constaté que les batteries n'étaient plus fiables donc changement du parc complet, aussi afin d'être autonome en énergie, nous avons doublé la capacité des panneaux solaires.
Le bateau est situé au Marin, au Sud de la Martinique. Ici la concentration de bateau est effroyable, il y en a partout, de tout horizon!
Le week end dernier, nous sommes allés au mouillage à Ste Anne pour rejoindre mon ami Thomas qui est le skipper du bateau "Tahia" de Maud Fontenoy, il partait pour Grenada afin de tourner une banque d'images en vue d'un documentaire, c'est amusant de se retrouver outre Atlantique.
Mardi, j'ai récupéré mon équipier Alexis Bertin (ex pensionnaire du Grand Pavois) avec qui je vais fêter ma 10ème Transatlantique!
Pour l'heure, Tilikum travail d'arrache pied pour nous laisser partir dès que le bateau sera prêt.
Au plaisir d'un prochain récit.
David
Brèves, (15/04/2010)
Bonjour à tous,
Qu'est ce qu'une Transat ?
La question paraît simple et pourtant...
Qui n'a jamais traversé l'Atlantique ?
Si facile, une réservation de billets d'avion sur internet, une destination à choisir, en moyenne, 8h plus tard vous êtes sous le soleil, 40°C et le
tour est joué !
Maintenant, il y a l'autre solution, plus longue, plus humide, plus difficile et j'en passe, le bateau à voile...
Départ de Mohammedia mardi 23 mars, 10h. Moyen de transport Scarlett-Macaw, équipage 3 personnes, temps estimé 25 jours, météo, à voir et découvrir au fil du temps.
Première étape, pas un souffle de vent, donc moteur à fond, un bruit et une odeur incroyable, un navire qui bouge dans tous les sens, naviguant sur une route empruntée depuis des siècles et jamais rénovée bref, apprentissage du mal de mer !
L'important dans le mal de mer, c'est de se nourrir avec des aliments qui ont le même goût quand on les avale que lors de leur sortie mais aussi de bien serrer les dents pour garder les gros morceaux car à bord, la nourriture est comptée. Aussi et de toute évidence, les spaghettis sont interdits car ils solliciteraient quelqu'un pour venir les couper en sortie prématurée, passons outre que les poissons sont à la fête...
Arrêt aux Canaries, plus précisément Lanzarote, plein de carburant, tiens on m'avait dit bateau à voile, j'ai dû rater un événement. Petite douche
après trois jours sans la moindre goutte d'eau sur la peau, il serait préférable d'avoir un tuyau haute pression...
Nouveau départ, cette fois pour la grande traversée. A première vue, la route est toujours cabossée, retour à la réalité et mal de mer. Le bateau qui accélère sur la crête des vagues semblent pour sa part aller bien.
Quatre jours se sont écoulés et nous voilà angoissé.
-On a dû manquer la sortie pour l'autoroute ?
-Tu penses ?
-Oui car il n'y a pas les petits nuages, le vent de Nord Est et les poissons volants comme mon livre raconte !
-Pour le vent et les nuages, je n'en sais rien mais pour les poissons... après tout ce que l'on a vomit, ils ne peuvent plus décoller.
Que dire de notre compagnon de voyage ?
Une merveille, il glisse et dévale les vagues avec harmonie, sa garde robe blanche hissée et son spi coloré au dessus de nos têtes nous tractent vers le but final, la Martinique. Scarlett-Macaw est robuste, épouse les murs
d'eau, les traverse parfois, laissant quelques embruns sur le pont.
A bord, les bruits sont de plus en plus identifiés. D'abord, il y a l'éternel bruit de l'eau sous la coque, rappelant la cocotte minute de ma grand-mère, ensuite les voiles et les cordages qui claquent si fort que l'on pourrait penser à un coup de tonnerre, puis vient le temps des alarmes du pilote automatique, du détecteur de radar, du GPS et du téléphone Iridium de Karim qui est hors service et le fait savoir.
Retour à la ville avec le moteur principal et le groupe électrogène, le vent sifflant dans la
mature, euh non cette fois, c'est la bouilloire, pour finir le craquement de la boiserie et le gloussement d'un équipier malade.
Concernant le confort, Scarlett-Macaw offre un carré et des cabines grand
luxe, si ce n'est qu'il faut sans cesse s'accrocher à quelques choses au risque de tomber...
Comment cuisiner avec 2 mètres de vagues ?
Tout simplement en se tenant fermement, puis doser le contenu de la casserole au risque de voir tout aller sur le sol ensuite, après avoir
saisit un ingrédient dans le placard, vite le refermer, bien sûre si vous
n'avez pas été ensevelit à l'ouverture de celui-ci...
Pour déguster, il en va de même, dans un bol car les assiettes...mais avec cette fois ci repas en terrasse vue sur mer, plus cher mais plus agréable sous ces latitudes et la vaisselle alors ?
A l'eau de mer, mais qu'importe, le Mousse s'en charge.
Bon, le bateau est aéré mais on pourrait penser qu'un élevage de lions a lieu dans celui-ci...
Première douche au bout d'une semaine et bien entendu, à l'eau de mer, plus naturelle dit on mais surtout plus conservatrice !
Toujours concernant l'hygiène, nous avons enfin déployé le bi mini (capote trop risqué à évoquer) du coup la petite écrevisse que j'étais est devenue un serpent en pleine mutation.
Après 15 jours de mer, nous avons sorti 2 dorades corrifènes et après 10 minutes de cuissons, elles frappaient toujours à la porte "Dufour",
coriaces celles-ci.
Chaque soir, avant nos 3 heures de quart chacun, nous assistons à la veillée nocturne pour lire vos commentaires qui nous réchauffent le cœur.
-Tu vois Othman, nous ne sommes pas si seul !
C'est donc à 600 milles de l'arrivée que nous commençons à évoquer les gâteaux au chocolat, les boissons fraîches...
Vous l'aurez compris, nous naviguons dans le bonheur !
David
Position 15°07 N / 50°41 W
Cap 240°
Vitesse 5,5 Nœuds
Brèves, (08/04/2010)
Bonjour à tous,
Aujourd'hui à bord du Scarlett-Macaw, c'est un jour particulier puisque Mounia (notre experte météo) et moi même fêtons nos anniversaires.
Pour ma part, je vais devoir inspirer à plein poumons pour éteindre mes 26 bougies puisque l'Alizé, le fameux, est aux abonnés absent...
Il y a 10 ans déjà, je fêtais mon anniversaire en mer, au beau milieu de l'Atlantique entre la France et les Etats Unis.
Les conditions météo et de confort à bord étaient bien différentes puisque nous étions en pleine tempête alors qu'ici, maintenant la mer est d'huile et je dormais sur une toile tandis que sur Scarlett-Macaw, je dors dans un lit.
Après 9 transats, je viens de comprendre que l'on peut traverser l'Atlantique sans se faire mal et avec le plus grand confort !
Cette grande première a fait naître en moi mon envie de courir au large, bien loin de mon implication dans le football et les chevaux.
Vous me direz, ce métier n'est peut être pas anodin puisque je suis né au bord de la mer, aux Sables d'Olonne, dans une famille passionnée par la grande bleue...
La mer me fascine toujours autant. Endroits merveilleux, où les valeurs morales sont respectées, elle rend humble dit on !
J'aime observer l'immensité de celle ci, sa longue houle. En 9 traversées, courses ou convoyages, il est le seul a avoir vu mes joies et mes peines, mes sourires et mes larmes, mon bonheur et mes coups de gueule, réciproquement, je l'ai vu calme et en colère, mou et venteux, rayonnant et pluvieux, clair et rempli de grains mais toujours puissant.
Installé dans le cockpit, il m'est difficile de me concentrer. D'abord parce que les étoiles filantes balayent le ciel puis c'est au tour de la lune d'apparaître derrière mon épaule, pour finir, les poissons volants m'attaquent.
Avec une vue à 360° "sur l'eau" et "au milieu de rien" comme dirait mon Mousse, je vais retourner à mes rêves...
David
Brèves, (02/04/2010)
Le 1 avril 2010, Position 21°43N / 23°23W Cap 235°
Les jours, les heures, les milles défilent sous la coque de "Scarlett-Macaw". Notre compagnon de voyage fait des ruades, roule, glisse en direction des Antilles sur une mer cabossée, remplie de nids de poules, au Nord des îles du Cap Vert, chère à Césaria Evora.
A 360°, l'Océan, majestueux, lorsque le soleil s'efface sur l'horizon, tout devient merveilleusement rosé, orangé avant de laisser place à la lune qui éclair comme en plein jour.
Puis vient le moment où le ciel crépite à son tour, de mille feux, les étoiles apparaissent...
Alors assis au "carré" les yeux rivés sur le "sky" (n'y voyez aucun jeu de mot) nous nous laissons porter par nos rêves !
Les mille et une nuits passées, voilà notre boule de feu, le soleil pointe le bout de son nez, déjà, nos panneaux solaires sont à la fête, les batteries retrouvent donc leur énergie.
Ce matin, dans le cockpit, ça parle beaucoup, foot puis cap, plutôt Sud ou Ouest ?
Moi j'ai proposé douche à l'eau de mer mais Othman a préféré dire qu'il n'était pas sale, surtout après 5 jours de mer...et Karim lui a rejoint sa cabine.
A coup de grand seau d'eau salé, je me suis récuré efficacement, profitant de la plus grande baignoire du monde !
Au moment où je rédige ces lignes, je suis en terrasse, vue sur l'Océan, petit coup d'œil sur la ligne de traîne mais rien, nous sommes pourtant le 1 avril et j'ai cru qu'il serait plus facile de pêcher, trop naïf sûrement.
Concernant la vie à bord, nous sommes rentrés dans une autre phase. Oui, à présent nous faisons corps avec notre bateau, nos déplacements sont moins hésitants, l'appétit revient à grand pas, la vie est mieux organisée.
Pour finir, deux cargos croisés en 24 heures, c'est dire si la circulation est faible dans cette région Alizéenne.
Pensées Maritimes
David
Brèves, (27/03/2010)
Puerto Calero (Lanzarote)
Ce matin, lorsque nous avons mis le cap sur l'entrée de Puerto Calero, j'ai eu un pincement au cœur...
Vous me direz:"Pourquoi cela ?"
En 2005, lors de la Transat 6,50 Charente Maritime Bahia, j'ai eu la chance de compter parmi les 72 marins à quitter la Rochelle en direction de Salvador de Bahia (Brésil) via Lanzarote à bord de mon Knauf Industries long de 6,50 mètres avec à son bord un GPS, un pilote automatique, une VHF et sans aucun moyen de communication avec la terre!
Cette course fut ma première traversée de l'Atlantique en solitaire et par conséquent, l'ultime test.
D'abord, les conditions de départ avait été difficile dans le Golfe de Gascogne puis le fameux passage de Cap Finistère pour enfin descendre le long du Portugal et mettre le cap sur Lanzarote.
Après 8 jours de sprint, à se battre contre les éléments, je franchis la ligne d'arrivée de la première étape de cette course folle.
A Lanzarote, je fus accueillis à merveille, étant l'un des plus jeunes de la course, les regards étaient donc portés sur moi.
Puis fut le moment de repartir et cette fois ci, les vents m'ont porté jusqu'au Brésil, je coupe la ligne d'arrivée de cette fabuleuse course
après 35 jours de mer, en solitaire, sans aucun moyen de communication avec la terre.
Ces moments ont bouleversé ma vie, voilà donc pourquoi ce matin, en amarrant Scarlett Macaw dans la marina de Puerto Calero avec Karim et
Othman, j'ai eu le cœur rempli de bonheur!
David
Brèves, (23/03/2010)
Bonjour,
Un simple petit mot pour vous dire que David va effectuer sa 9ème transat entre Casablanca et la Martinique.
Vous pouvez le suivre sur le site suivant:
http://transatbanquealimentaire.net/
Bon vent...
Brèves, (15/03/2010)
Pensées de Gibraltar,
Depuis mon départ des Sables d'Olonne le 25 janvier dernier, je n'ai parcouru que 1 000 milles pour arriver à Gibraltar via Porto, Cascais et Portimao.
Samedi dernier, Karim m'a rejoint au pied du mythique rocher de Gibraltar... Dans son camion, une quantité impressionnante de matériel divers pour le bateau !
Nous nous sommes retrouvés à la frontière Espagnol, ma curiosité m'a amené à jeter un coup d'œil à l'arrière du camion, lorsque j'ai vu tout ce qu'il contenait! J'ai regardé Karim et lui ai dit:" tu sais, je crois que ton bateau est trop petit".
De suite, avec deux autres compères, nous avons déménagé le véhicule et rangé le tout dans le bateau avec méthode et précaution.
Nous avons fait l'inventaire de chaque chose afin de connaître leur emplacement exact, ce qui évite de chercher en cas de besoin puis après quelques heures, à mon grand bonheur, tout était rentré...
Maintenant, à bord du "Scarlett-Macaw", il y a une bibliothèque, des diverses caisses à outils, un son hifi extraordinaire et une cuisine suréquipée...
Dans quelques jours, nous larguerons les amarres et mettrons le cap sur Casablanca, lieu de départ de notre aventure mais aussi où Othman, le
troisième équipier, nous attend.
Cette transat va être différente de celles que j'ai pu réaliser sur des bateaux de courses,tout d'abord je serais en croisière ensuite, nous allons naviguer pour "la banque alimentaire"...
Vous pourrez donc nous suivre tout au long du périple sur:
http://transatbanquealimentaire.net/
Ici le vent souffle fort...
Salutations Maritimes
David
Brèves, (02/03/2010)
Bonjour à tous,
Loin des Sables d'Olonne, j'ai pu suivre cette catastrophe qui a touché la Vendée et la Charente Maritime, la nature peut être parfois d'une violence incroyable.
Je suis affecté par ce qu'il vient de ce passer.
Tout d'abord pour les personnes disparues dans un incroyable chaos. Ensuite pour les dégâts occasionnés, je reste sans voix, impuissant...
Pour ma part, je suis toujours à Gibraltar et ce depuis jeudi, après une navigation à grande vitesse entre Portimao et Gibraltar.
Ici, je suis bloqué pour des raisons administratives (attente d'immatriculation du bateau) mais aussi par une météo des plus mauvaises.
Dans le détroit, les cargos naviguent par centaines, c'est l'autoroute, large de 14 petits milles...
En face le Maroc, ma prochaine destination (Casablanca) avant de m'élancer pour une traversée de l'Atlantique.
Voilà maintenant 3 semaines que je suis seul, la méditation est donc de rigueur !
De tout cœur avec vous, qui êtes loin de moi....
David